Le survivaliste et les registres d'armes à feu

Le survivaliste et les registres d'armes à feu



Il existe un mouvement mondial de prohibition des armes à feu détenues par les citoyens honnêtes.

Ce mouvement est évidemment porté par la gauche sociétale. Le but est d'en arriver à des sociétés désarmées dans lesquelles seuls les policiers et les militaires posséderaient des armes à feu et où les citoyens pourraient vivre dans la paix et l'harmonie.

L'idée sous-jacente, c'est que si on désarme les citoyens, la violence cessera. Et pour ce faire, on adopte des lois qui dans un premier temps restreignent l'accès aux armes à feu, qui en font l'inventaire et qui finalement les saisissent.

Bien entendu, les militaires ainsi que les forces de l'ordre sont exemptés de ces saisies. Et pourquoi? Parce que des ennemis de l'extérieur possèdent des armes qu'ils pourraient utiliser contre nous, donc on maintient les militaires armés. Et parce que dans la société il existe des criminels qui utilisent des armes contre d'autres êtres humains et dès lors, les policiers doivent aussi être armés.

Donc, un registre des armes à feu ne peut pas servir à des fins de sécurité publique puisque dans son essence, par sa nature, il ne permettra jamais de recenser toutes les armes en circulation.

Les armes à feu qui échapperont à ce registre sont précisément celle qui sont aux mains des criminels qui les utilisent pour commettre leurs crimes.

Or, si on désarme les citoyens au motif que les citoyens n'ont pas à posséder d'armes et qu'on les permet aux policiers parce que ceux-ci doivent affronter des criminels armés, ne serait-il pas logique de permettre aux citoyens qui sont souvent les victimes de ces criminels, de pouvoir se défendre?

Le gouvernement du Québec, avec un vote quasi-unanime de l'Assemblée Nationale, a décidé d'enregistrer les armes dites « non restreintes », c'est à dire toutes les armes d'épaule qui ne font pas l'objet d'une restriction. Il s'agit essentiellement des armes de chasse à verrou ou à pompe.

Qui plus est, il a décidé de fixer la date d'entrée en vigueur de cette obligation le 29 janvier 2018.

[6 heures après son entrée en vigueur, le site permettant l'enregistrement des armes était hors service, ce qui annonce les mêmes problèmes et coûts exorbitants que le défunt registre fédéral!]

Pourquoi le 29 janvier 2018? Le 29 janvier 2018, c'est la date anniversaire de la tuerie à la mosquée de Québec. Le gouvernement a délibérément voulu associer le contrôle des armes à feu à une tuerie, associant ainsi la tuerie avec le contrôle des armes à feu. Le problème c'est qu'un an après, on ne connait toujours pas les motifs de Bissonnette, le tueur de masse en question. Était-ce par haine et dans le but de terroriser les musulmans? Était-ce par vengeance contre cette mosquée en particulier? Des rumeurs circulent à l'effet qu'il avait une relation amoureuse avec un jeune homme fréquentant cette mosquée et que les dirigeants de cette mosquée auraient fait des pressions pour faire cesser cette relation.

On ne le sait pas encore car le mec n'a pas encore été jugé.

Et surtout, pourquoi enregistrer les armes longues en réponse à cette tuerie quand le tueur n'a tiré qu'avec des armes restreintes, enregistrées au Canada depuis les années 1930?

Mais ce n'est pas important, ce qui compte c'est l'occasion et son exploitation. Et cette exploitation, elle se produit sur deux fronts: interdiction de « l'islamophobie » — en fait, toute critique et tout commentaire sur l'islam — et le sempiternel contrôle des armes à feu, c'est à dire le désarmement progressif des citoyens honnêtes.

Quelques jours après la tuerie, le premier ministre Couillard a fait une sortie dans une émission de télé très regardée dans laquelle il a littéralement intimidé la population à propos de leur liberté de s'exprimer sur l'islam. Évidemment, les médias sont intimement complices dans cette campagne.

Et tadam! On a sorti la loi forçant les propriétaires d'armes à feu à enregistrer leurs armes et tout cela, toujours, dans le but de « protéger la population ».

Le plus ironique, et là nous devons associer ce registre à cette tuerie puisque le gouvernement l'a fait en choisissant la date anniversaire de la tuerie pour son entrée en vigueur; le plus ironique donc, c'est que le tueur a utilisé des armes dites restreintes pour commettre ses meurtres, des armes qui sont obligatoirement enregistrée dans un registre fédéral qui existe depuis 1934!

La preuve est faite: un registre n'empêche pas les tueries de masse ni les meurtres. Tout comme l'enregistrement et l'immatriculation des véhicules automobiles n'empêche pas un terroriste de lancer son camion dans une foule compacte.

Conséquemment, un registre ne sert pas à prévenir des crimes. Il ne peut servir qu'à inventorier les armes en vue de leur éventuelle saisie massive.

Amère répétition


Les propriétaires québécois d'armes à feu ont déjà connu le registre canadien des armes à feu.

Ce registre a dépassé le milliard de dollars en coûts directs et n'a jamais réussi à atteindre ses objectifs, à savoir enregistrer toutes les armes à feu en circulation au Canada. Beaucoup de citoyens détenant un permis en règle résistaient et n'ont jamais enregistré leurs armes à feu.

Évidemment, ceux qui détenaient illégalement des armes à feu, c'est à dire ceux qui n'avaient pas de permis de possession et d'acquisition, n'allaient certainement pas s'enregistrer!

Et c'est cela, la faille fondamentale d'un tel registre qui rappelons-le, sert à « protéger la population »: les armes détenues criminellement ne sont ni ne seront jamais enregistrées.

Dès lors, un registre des armes à feu qui est fonctionnellement incapable d'atteindre ses objectifs n'a pas sa raison d'être.

Récapitulons


  1. Un registre des armes à feu ne contient la liste que de celles qui ont été enregistrées.
    • Les criminels qui détiennent illégalement des armes à feu n'enregistreront jamais leurs armes.
    • Tous les citoyens détenant un permis de possession ne déclareront pas une partie ou la totalité des armes qu'ils détiennent.
  2. Le registre canadien des armes à feu maintenant aboli et le registre canadien des armes à utilisation restreinte (toute arme de poing et certaines armes longues) n'a empêché aucune tuerie de masse. Bissonnette a utilisé des armes à utilisation restreinte pour commettre son crime, lesquelles étaient dument enregistrées.
 Conséquemment, un tel registre ne peut PAS servir des fins de sécurité publique.

Quelques informations


Contrairement à ce qu'on pense, les gouvernements ne sont pas un ramassis de personnes stupides ni les fonctionnaires des parasites qui sucent l'argent des citoyens. Bon, enfin, parfois oui mais le parasitisme existe partout, y compris dans le privé.

Rappelons que la puissance américaine, la puissance chinoise et anciennement, la puissance soviétique, reposent sur la puissance de leur gouvernement et de leur appareil militaire. Un gouvernement dysfonctionnel — surtout son appareil d'État  —  n'est pas puissant car il est incapable d'agir.

Si une loi ou une mesure ne donne pas les résultats escomptés, alors elle est remplacée par une loi ou une mesure qui permet d'atteindre les résultats souhaités.

Le registre canadien des armes à feu n'a empêché aucun meurtre. Le taux d'homicides commis avec des armes à feu n'a pas cessé de baisser au Canada, avant, pendant et après la mort de ce registre. On peut donc en conclure que le registre a eu un effet nul sur les homicides commis avec des armes à feu. 

On a argumenté en faveur du registre canadien en parlant du nombre de consultations faites par les policiers. On disait que les policiers étaient plus en sécurité s'ils savaient que dans la maison où ils allaient intervenir, il y avait des armes à feu ou pas.

Soyons francs: un policier qui se fierait à une déclaration dans un registre mériterait d'être congédié car il mettrait sa vie et celle de son collègue en danger. Un policier qui intervient dans un domicile doit agir comme s'il se trouvait des armes dans la maison, déclarées ou pas. Car oui, il s'en trouve, des gens qui détiennent des armes illégalement et qui ne sont enregistrées nulle part.

Les consultations du registre par les policiers servaient surtout à savoir si le propriétaire des armes trouvées dans une maison était conforme à la loi et pas s'il se trouve des armes dans la maison, car, rappelons-le, les policiers sont formés à intervenir comme si un suspect était armé. Faites-vous coller sur l'autoroute pour excès de vitesse et remarquez le policier s'approcher de vous avec la main sur son arme de service. Ça m'est arrivé avant l'existence du registre canadien ainsi que pendant son existence.

En d'autres termes, les policiers consultaient le registre pour trouver une violation de la loi (mauvais entreposage, arme non enregistrée au registre, etc.) et ainsi porter une accusation supplémentaire. Pas pour savoir s'il se trouvait des armes.

En fait, on en revient à la même conclusion: de tels registres ne permettent pas d'atteindre des objectifs de sécurité publique et servent uniquement à savoir où sont les armes à feu dans les mains des citoyens honnêtes et cela vise ultimement à désarmer la population, au besoin, et ainsi l'empêcher de s'insurger ou de résister au gouvernement.

L'Affaire du Bundy Ranch


Vous vous souvenez de cette affaire? En résumé: un rancher américain s'est vu saisir son troupeau qui broutait sur les terres publiques au motif qu'il n'avait pas payé ses redevances. S'en est suivi une mobilisation d'un tas de gens, y compris des miliciens civils, et un encerclement armé des agents fédéraux par les citoyens. Après quelques jours, les agents fédéraux, eux aussi armés jusqu'aux dents, ont reçu l'ordre de faire retraite. Cliven Bundy, le propriétaire, ainsi que ses fils, ont été arrêtés, accusés et poursuivis par le gouvernement fédéral US. Le 8 janvier 2018, ils ont été blanchis des accusations et le juge, Justice Gloria M. Navarro, a sévèrement critiqué les actions du gouvernement fédéral dans cette affaire.

Si les citoyens n'avaient pas protesté armes en main, le gouvernement fédéral aurait agi selon sa volonté et au mépris de la loi et des droits des citoyens.

Le but du contrôle des armes à feu


Les gouvernements, quels qu'ils soient, veulent toujours éviter d'en arriver à devoir utiliser la force contre leurs propres populations. 

Pour éviter de telles confrontations, il y a deux approches possibles: ne pas adopter de mesures qui braqueraient la population, c'est une approche « démocratique » — quoique ces gouvernements recourent à des campagnes de propagande allègrement et habilement relayées par les médias afin de « convaincre » la populace d'accepter...

Puis il y a l'approche de la force pour imposer des mesures impopulaires et dans ces cas, les gouvernements veulent se retrouver devant des gens désarmés, incapables de se défendre ou même de se protéger, encore moins capables de porter des coups pour faire fléchir le gouvernement devenu tyrannique. Ainsi, on peut procéder à des saisies d'armes préalablement à l'imposition de la mesure et le tour est joué. Et ça, c'est un comportement totalitaire.

Démocraties et libertés


Comme je le démontrais dans ce billet, les citoyens qui sont légalement propriétaires d'armes à feu sont deux fois moins susceptibles de commettre un meurtre avec une arme à feu que le reste de la population! Deux fois moins! Pourtant, ils ont les armes chez eux, ils devraient en principe être surreprésentés dans les statistiques de meurtres commis avec une arme à feu. Ce n'est pas le cas.

Pourquoi? Parce que nous, les propriétaires légaux d'armes à feu, ne sommes pas des criminels. Parce que nous savons les dégâts qu'elles peuvent causer. Parce que nous sommes obligatoirement formés à la sécurité dans l'usage d'une arme à feu. Parce que, plus que les autres à cause des cours obligatoires suivis et les enquêtes de sécurité, nous savons qu'utiliser une arme à feu n'est pas un acte virtuel comme dans les films ou les jeux vidéos: nous savons que c'est un geste qui peut avoir de lourdes conséquences s'il est accompli imprudemment ou illégalement.

Si on peut tuer des masses de gens avec des camions lancés sur une foule, avec des couteaux face à des gens faibles et vulnérables (écoles primaires, jardins d'enfants, hôpitaux, hospices), avec du gaz mortel dans des lieux restreints comme des stations de métro, en revanche on ne peut pas faire reculer une force policière ou militaire sans armes à feu. Et c'est cela, le but poursuivi partout en Occident. 

Nous savons tous que les populations occidentales ne sont pas violentes par nature. Il en faut beaucoup pour que des citoyens se révoltent et dans l'écrasante majorité des cas, ces révoltes sont pacifiques et prennent la forme de manifestations. Et c'est très bien ainsi.

Sauf que... dans certains cas, la population se révolte armes en main, à bon droit. L'Affaire Bundy Ranch est un exemple. L'Affaire « Battle of Athens » en 1946 en est un autre: devant la corruption systémique de leur municipalité et du corps de police et l'inaction des autorités supérieures, des vétérans et citoyens d'Athens, Tennessee ont attaqué en 1946 un poste de police, avec notamment des armes à feu et des explosifs.

Je ne suis pas en train de faire l'apologie de l'insurrection anti-gouvernementale. Si c'est ce que vous croyez, vous n'avez pas compris ce que je cherche à exprimer.

Je dis qu'un registre des armes à feu ne sert qu'à une seule chose: savoir où se trouvent les armes à feu détenues par les citoyens honnêtes et les saisir au besoin, particulièrement lorsque le gouvernement cesse de représenter les désirs de la population et méprise les droits individuels.

Si la sécurité publique intéresse réellement les gouvernements et particulièrement le gouvernement du Québec, il devrait plutôt enquêter, arrêter, accuser et juger les perturbateurs de l'ordre public à des fins politiques, les antifas (qui sortent armés, notons-le) et leurs alliés qui conspirent à provoquer des désordres. Mais surtout, il devrait investir dans le dépistage et le traitement des maladies mentales. On met les tueries de masse sur le compte de la haine mais dites-moi: peut-on considérer qu'une personne dite « haineuse » est saine d'esprit si elle décide d'aller tuer des gens qui ne lui ont rien fait? Surtout que de nos jours, est haineuse toute personne qui n'est pas d'accord avec les réclamations d'une minorité.

Non, la « haine » ne suffit pas à expliquer les tueries de masse. La possession d'armes à feu non plus puisque maintenant, nous savons par expérience qu'un camion fait bien l'affaire. C'est la maladie mentale ou un désordre de personnalité qui rend possible une tuerie de masse.

Décidément, aucun argument avancé en faveur du registre ne tient la route. Force est donc de constater qu'il sert d'autres fins que la sécurité du public et que mon hypothèse est la bonne: le désarmement de la population.

Conséquences


Elles sont simples et l'écrasante majorité des propriétaires légaux d'armes à feu que je connais me l'ont dit: ils ne déclareront pas leurs armes ou n'en déclareront qu'une partie. Et qu'y pourra faire la police? Rien. À moins d'aller perquisitionner chez chaque détenteur de permis qu'elle soupçonne de dissimuler une arme à feu légale mais non enregistrée, le registre québécois des armes à feu est condamné à être un outil couteux et inutile aux fins de sécurité public.

Qui plus est, ce registre conduira des gens qui jusqu'ici observaient scrupuleusement la Loi à cesser de la respecter, ceux-ci jugeant à bon droit que la répétition d'un registre qui ne sert pas les fins pour lesquelles on l'a créé, ne constitue au mieux qu'un abus gouvernemental, au pire une mesure désagréable qui en cache une autre, inique celle-là.

Engagement


Je prends formellement l'engagement d'aller voter, aux prochaines élections, pour un parti qui voudra abolir le registre québécois des armes à feu. Je vous invite tous, sur Twitter, Facebook et autres réseaux sociaux, à prendre publiquement le même engagement et à communiquer avec les députés sortants ainsi que les candidats afin de leur faire savoir que vous ne voterez que pour ceux qui s'engageront publiquement à abolir un tel registre et uniquement s'ils forment une majorité de candidats abolitionnistes dans leurs partis respectifs.

Il existe un mouvement qui invite au boycott du registre. De par ma grande visibilité, à cause de la surveillance dont je fais l'objet par les autorités et par principe personnel de respect de la Loi et l'Ordre, je ne peux pas violer la Loi. Par contre je soutiens ce mouvement et l'encourage.

Merci à ceux qui soutiennent mon travail:

Damoclès
Taquin Marseillais
Lionel H.
Pierre P.
FG
- J -
Dan Sullivan
Ainsi qu'aux autres tipeurs et donateurs.

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