Stades de maturation dans l'esprit d'un survivaliste

 Stades de maturation dans l'esprit d'un survivaliste

 


Sujet controversé en vue


Je n'entends pas jouer à Freud (qui sonne comme "fraude"). En revanche les centaines (en fait plus d'un millier) de survivalistes de différents niveaux d'évolution avec lesquels j'ai eu des interactions m'ont fourni beaucoup de matière.

  • Ça m'a permis d'observer qu'il y avait plusieurs types de survivalistes (ça tout le monde le sait mais moi, je l'ai vérifié)
  • Il y a une très forte corrélation entre le type de survivaliste et ce que je qualifie de stade de maturation.
  • L'énoncé qui suit est exact dans près de 100% des cas: les survivalistes évoluent constamment dans leur maturation ou décrochent; très peu restent tels qu'ils sont.

Ce qui suit relève plus de l'exercice intellectuel et de l'organisation des idées. Néanmoins si vous vous servez intelligemment de mes conclusions vous disposerez d'outils d'évaluations de vous-même et serez capable de vous situer en tant que survivaliste.



Stade « Écureuil »


On fait des provisions de tout, parfois sans discrimination et sans prioriser les éléments stratégiques. Le papier-Q vaut autant que le savon ou qu'une conserve de viande.

Les placards débordent, surtout si on achète trois paquets de 48 rouleaux de papier-Q triple-épaisseur doux comme du coton mais résistant comme du kevlar. Puisque ces trois paquets prennent tant de volume, il n'y a plus de place pour deux contenants de 20 litres d'eau et 48 conserves de 650 ml de ragout de boulettes de viande.

On ne se pose évidemment pas la question essentielle: dans le passé, de quoi se passait-on? De nourriture et d'eau ou de papier-Q?

Ce qui caractérise ce stade, c'est le stockage in-discriminé, des choix faits légèrement et en fonction des besoins perçus et non des besoins réels.

Stade « Matériel » 


Ce stade nait dans la seconde moitié du stade Écureuil voire même après. On se trouve soudainement saisi d'une « matérialite aiguë » qui pousse le sujet à acheter toutes sortes de choses après une évaluation très légère et souvent sous influence de sites de revues de matos. Cette frénésie est toutefois plus raffinée qu'au stade « écureuil »

On se met a regarder frénétiquement Youtube en quête de trucs qu'il nous manque. On ne sait toujours pas de quoi on a réellement besoin mais ça, on sait que ça manque à notre attirail. Il nous le faut.

On commence par des objets pas très chers, polyvalents (bons en rien, médiocres en tout). On cherche l'arme à feu qui permettra de chasser le canard, l'orignal et l'ours, qui excellera en CQB. Ah oui, et qui permet de sniper à 2 km. Et on achète une des moins chères en se disant qu'elle est polyvalente même si on n'a jamais tiré et qu'on n'a aucune idée de la balistique.

Puis, comme la frénésie d'achats nous colle à la peau, on achète des marques. Au moins on peut épater ceux qui commencent le stade "matériel" et se rire d'eux et de leurs achats de trucs pas chers, « s'ils savaient les "pôvres" »...

Finalement on finit par réaliser, au passage vers le stade suivant, qu'on a accumulé bien des choses sans avoir un plan d'ensemble cohérent, sensible, ajustés aux besoins réels du moment et adaptables aux besoins futurs.

Stade de « l'esprit survivaliste »


Un jour on réalise qu'on a fait fausse route et soit on lâche tout si on conclut que c'est la prévoyance qui est une erreur, soit on reprend tout à zéro si on réalise qu'on n'a pas envisagé notre préparation correctement. C'est l'arrivée dans la maturité survivaliste.

Tout chemin parcouru jusqu'à sa destination apporte son lot de récompenses. Si on n'a pas jeté les gants en cours de route, on finit par comprendre que le matériel doit être subordonné à l'esprit.

Je vais citer un extrait d'un message que j'ai reçu il y a quelques temps et qui m'a inspiré cet article.

« (...) je crois maintenant qu il y a plus important que les beans bullets and bandages »

Des messages comme celui-là, j'en reçois peu. Des attitudes comme celle-là, j'en vois peu souvent.

Vous voulez savoir ce que je reçois comme courriels et messages?
Environ (tous les chiffres sont des approximations et ils sont arrondis) 15% visent à obtenir mon avis sur l'évolution d'une situation et ce à quoi il faut s'attendre dans les prochaines années.
30% posent des questions sur des techniques (conservation, fabrication, etc.)
50% me demandent si tel produit est mieux que tel autre ou si ça vaut la peine d'acheter x ou y.
4% m'informent de situations ou me communiquent des vidéos/articles
Moins d'un pourcent manifeste des préoccupations qu'on peut avoir au stade de "l'esprit survivaliste" ou "Intégration". 

80% des communications que je reçois concernent la matérialité. Si on considère que ceux qui veulent mon avis sur l'avenir me le demandent souvent afin de décider s'ils augmentent ou non les stocks, c'est près de 95% de mes communications qui touchent la matérialité.

Stade « Intégration »


C'est un stade où on ne fait plus d'obsession sur quelque aspect que ce soit du survivalisme. C'est le stade où on n'en parle même plus car on n'a plus rien à en dire: il ne reste qu'à faire. Et on fait, sans penser qu'on « fait du survivalisme », sans penser qu'on préserve l'avenir de nos enfants, sans penser à ce qu'il peut arriver demain car on est prêt dans notre tête, dans notre cour et dans notre corps.

Qu'on soit trader ou éboueur, commis ou avocat, on fait notre vie en intégrant tous les aspects de la prévoyance à notre vie dans la société, sans qu'il n'y paraisse. Aux yeux des autres nous sommes des "normaux".

C'est ça le stade d'intégration: arriver à faire une place au survivalisme dans notre quotidien, comme faisant partie de notre normalité subjective au même titre que faire les courses ou entretenir son terrain.

Évolution


Peu importe où vous vous situez par rapport à ces quatre stades, n'en concevez pas de honte.Vous êtes sur un escalier et l'important n'est pas la « hauteur » de la marche sur laquelle vous vous situez mais bien de monter.

Ma fille aime My Little Pony, une excellente série animée au demeurant et qui véhicule des valeurs saines, pour ce que j'en ai vu. Or, à l'école, une élève s'est moquée de Mlle Chouette parce qu'elle aimait les pouliches. Cette même élève était l'an dernier une grande fan déclarée de cette émission et probablement aime-t-elle encore cette série mais s'en moque publiquement pour avoir l'ai plus mature. Les enfants sont ainsi: ils méprisent ce qu'ils ont aimé s'ils perçoivent que leurs goûts actuels sont plus « élevés » que ceux des gens qui les environnent.

Or ce qu'on aime aujourd'hui est tributaire en bonne partie de ce qu'on a aimé hier, comme ce qu'on est aujourd'hui l'est de ce qu'on a été dans le passé. Aussi, la marche que vous foulez présentement précède la prochaine et vous sert d'assise pour vous propulser plus haut. C'est tout.

Il faut juste voir à se donner les meilleurs chances d'évoluer et de le faire dans la bonne direction.


 Un remerciement à ceux qui me soutiennent:

FG
- J -
Dan Sullivan
Ainsi qu'aux autres tipeurs et donateurs.

Commentaires

Marc Desmeuzes a dit…
Un grand salut à Vic !

J'avoue que je me suis reconnu dans les différents stades, sauf acheter quelque chose qui ne me sert à rien. Quand on doit dépenser des sous on réfléchit quand même ...
Mon erreur c'est la pharmacie car j'en ai trop acheté et aujourd'hui des médicaments ont dépassé la date de péremption ... (ils sont probablement encore valables mais le temps passant ... à moins que je sois malade).

Pas de réaction, c'est que le travail de Vic a porté ses fruits et que tout le monde sur ce Blog a bien assimilé que le but c'est un maximum d'autonomie, ce qui n'est pas du tout évident. Car nous sommes tous reliés matériellement (électricité, eau du robinet, etc ...) pour notre confort. Et parenthèse, ce n'est pas le cas pour les relations humaines où il n'y a jamais eu autant de gens seuls, pas seulement les personnes âgées comme l'on croit, mais à tous les âges. C'est effarant, cela confirme selon mon point de vue, le délitement du système et qu'on arrive à la fin d'un temps.

Portez-vous bien !
A bientôt si Dieu le veut !!!
Marc.

Printfriendly

Articles les plus consultés