Une affaire de famille

Une affaire de famille

(Article repris le 6 octobre 2014 par Égalité et Réconciliation)

Par Vic Survivaliste
Le survivalisme durable, c'est une affaire de famille.

On ne peut concevoir de durer dans le temps et de vivre jusqu'à sa mort naturelle sans une famille, donc des enfants qui seront plus tard aussi un soutien pour les parents.

C'est tout à fait normal par ailleurs. Mais le monde moderne a dévoyé la normalité naturelle...


Les DINK


Les DINK sont les personnes qui sont matériellement récompensées de leurs choix dans le système économique actuel. Ils sont un pur produit de la société post-industrielle occidentale et de la financiarisation de l'économie.

Qu'est-ce que les DINK? C'est l'acronyme de « Double Income, No Kid », en français « Double revenu, aucun enfant ».

Ce sont des couples ou des paires qui n'ont pas et n'auront jamais d'enfants, qui accumulent de l'argent et s'enrichissent du fait de leurs revenus élevés, de leurs carrières et de l'absence de charges économiques que génèrent des enfants.

La société occidentale actuelle a valorisé l'enrichissement personnel depuis plusieurs décennies, promettant à toute une génération de Baby Boomers un avenir radieux et à l'abri du besoin s'ils accumulaient de l'argent (fiat donc garanti par des dettes) au lieu de le dépenser en donnant naissance à des enfants et les éduquant.

Le résultat, on le connait tous: chute de la natalité, donc indirectement de la croissance économique, déséquilibre démographique et nécessité (alléguée) de faire venir massivement des immigrants pour combler les besoins de main d’œuvre, en fait surtout maintenir les salaires bas.

L'argent accumulé avec les années par les DINK — et ça peut atteindre quelques millions pour les couples et les paires de professionnels habiles et favorisés — garantira dans leurs vieux jours l'achat de soins par ces gens fortunés, leur vie dans des appartements de luxe avec toute une équipe de gens chargés de leur organiser des divertissements et de leur dispenser des soins.

D'une société où on prenait soin de ses vieux parents jusqu'à leur mort sans considération autre que le respect dû à nos aînés, la décence et la morale, on en est arrivé à une société où des gens qui ont choisi de ne pas avoir d'enfants se sont immensément enrichis de leur choix souvent égoïste. Qui plus est, ce sont les enfants qu'ils n'ont pas eus et que leurs contemporains ont choisis d'avoir qui assument financièrement leurs choix par le biais des mutuelles ou des régimes collectifs d'assurance-santé et d'assurance-médicaments.

Dans les temps anciens


Je ne sais pas pour l'Europe mais au Québec, anciennement, le parent survivant (souvent la femme) décidait un jour de « casser maison » et de remettre l'ensemble de son bien à un des enfants qui en échange prenait soin de ce père ou de cette mère jusqu'à sa mort. C'était l'équivalent d'une mort civile, avant la mort physique. Ce vieux ou cette vieille se retirait de la vie active et déléguait même son statut de chef de famille à l'enfant qui le recueillait.

Qu'est-ce que ça impliquait? En premier lieu, le vieux parent qui se retirait avait du bien, bien qu'il accumulait et conservait pour ses vieux jours. Ce bien ce n'était pas de l'argent de papier, c'était de l'immobilier, du mobilier (au sens large du terme) et parfois de l'or accumulé.

En cédant l'usage de son patrimoine à un de ses enfants, celui de l'enfant augmentait évidemment mais avec lui, les charges qu'il avait. Il y avait gain ou pas? Ce qui comptait, c'était que sa mère ou son père puisse finir ses jours dignement et entouré de ses proches.

Généralement, les choses se passaient bien. On avait à l'époque immensément de respect pour les aînés qui étaient perçus comme étant une richesse en soi et pas seulement un poids. Cet aîné, il était le rappel de la mémoire des ancêtres mais aussi le rappel de l'amélioration des conditions de vie de l'enfant qui en prenait soin. Il était source d'expertise et de savoir faire.

Quand ce parent n'était pas malade ou handicapé, il aidait aux tâches de la maison, ne serait-ce que transmettre la Mémoire aux enfants ou participer aux tâches ménagères.

Il y avait souvent, pas toujours, gain économique mais sur fond de respect pour les vieux, de même qu'un engagement sérieux de subvenir aux besoins de l'aïeul jusqu'à son dernier souffle.

Évidemment, le curé du village qui avait ses entrées dans chaque famille de sa cure assurait une sorte de surveillance morale quant au traitement qui était fait à ces vieux « morts civilement » et il n'hésitait pas à prendre des mesures discrètes et si elles étaient infructueuses, publiques, pour assurer que l'aïeul de telle famille soit traité honorablement. Car des enfants indignes, ça existait à cette époque aussi.

Sans idéaliser

On ne doit pas idéaliser le passé et systématiquement condamner le présent, ce serait une vision idéologique aveugle, semblable à celle du féminisme et tous les mouvements progressistes revendicateurs qui condamnent systématiquement le passé et louent le présent, surtout l'avenir.

Toutefois on doit constater derechef que la structure socio-familiale du passé était intégrée, naturelle, humainement écologique et économiquement logique.

Oh oui, il y avait un intérêt économique à avoir des enfants, afin de s'assurer une vie décente dans ses vieux jours, si on se rendait jusque là. C'est d'ailleurs le problème des pays en voies de développement où les progrès de la médecine dans la lutte contre les maladies infantiles ont provoqué un déséquilibre démographique donc au final plus de problèmes. Mais cette approche de la famille n'était pas qu'économique, elle faisait partie de l'Ordre Naturel et répondait à une certaine morale.

Toutes les sociétés: catholiques, protestantes mais aussi musulmanes, animistes, bouddhistes, shintoïste, hindoues, taoïstes, faisaient une grande place aux aînés et les plaçaient au centre de chaque famille, souvent à titre de personne la plus respectée et importante.

De nos jours, les aînés sont des rebuts, des charges, des visites pénibles à faire dans des centre d'hébergement une fois par mois ou lors des grandes fêtes.

Normal, ils ne rapportent plus. On fait quoi des rebuts? On les jette.

S'ils ont de l'argent par contre, surtout s'ils vont en léguer malgré les coûts de leur hébergement, là ils peuvent être plus, disons, courtisés donc « utiles ».

Vision survivaliste de la chose

J'ai beaucoup, beaucoup de questions qui me sont posées, sur la manière de joindre un groupe ou une communauté survivaliste, tant du public que de mes clients. Je le dis à chaque mois qu'on ne joint pas un groupe comme ça et qu'il faut en fonder un, si on veut en faire partie mais ces questions reviennent quand même.

Ceux qui me parlent de fonder un groupe, la première question que je leur adresse est toujours « avez-vous des enfants? » ou « comptez-vous avoir des enfants? ».

Cette question est primordiale car elle détermine la capacité de durer. Jusqu'à 60-70 ans, et à condition d'être en forme et en parfaite santé, on peut se suffire à soi-même.

Après, la réalité de la vieillesse et de la dégénérescence du corps humain fait qu'on a besoin d'aide, puis d'être pris en charge quand le corps ne peut plus travailler.

Au sein d'une communauté survivaliste, un couple ou une paire dans la cinquantaine et sans enfants, a intérêt à se trouver des familles avec enfants qui accepteront de s'occuper d'eux dans vingt ou trente ans.

Ces enfants devenus adultes auront eux-mêmes des enfants dont ils devront s'occuper, en plus de leurs propres parents. Accepteront-ils d'être liés par l'engagement de leurs parents de s'occuper d'étrangers qui n'auront pas eu d'enfants? C'est à voir.

À moins d'avoir été très présents et d'avoir constitué avec les années un crédit de reconnaissance chez les jeunes d'une communauté survivaliste, les couples et les paires sans enfants auront de la difficulté à trouver des gens qui s'occuperont d'eux, outre l'intérêt financier.

Si ces couples ou ces paires ont eu la bonne idée de convertir leurs valeurs fiduciaires en or et en argent physiques ou en immobilier agricole, ils trouveront peut-être des gens pour les supporter adéquatement contre espèces. Sinon ils seront condamnés à la charité et à la pitié.

La réalité qui fait mal

Les fonds de retraite, papiers qui attestent de la possession d'argent fiduciaire ou de valeurs fiduciaires, ne vaudront pas leur poids en papier après un Effondrement. Avoir des revenus en argent ne garantira pas la capacité de subvenir à ses besoins, encore moins de s'acheter de la main d’œuvre qui travaillera à nous torcher, nous nourrir et nous divertir, si cet argent ne vaut rien.

Pierre-Yves Rougeyron, président du Cercle Aristote
Déjà on parle de plus en plus de la chute du dollar et du remplacement de la monnaie de réserve internationale soit par le Bancor, ce qui ne nous avancerait guère, soit par un panier de valeurs composé de métaux précieux, de devises et de commodités comme le pétrole ou le blé, tel que le suggère Pierre-Yves Rougeyron, président du Cercle Aristote, un jeune homme admirable et ma foi très brillant et les pieds bien sur terre.

Dans tous les cas les valeurs fiduciaires accumulées fondront comme neige au soleil dans un Effondrement économique planétaire.

Outre plus Christine Lagarde, patronne du FMI, a annoncé un Big Reset de la finance dans une communication assez surréaliste. On attend d'en voir les effets mais, #justsaying, tous les pays occidentaux se sont dotés de lois qui permettent le renflouement des banques à même les épargnes des gens et à même les fonds de pension, comme en Grèce, à Chypre et en Espagne.

Big Reset, coût sans cesse grandissant des ressources et des aliments, crise économique anticipée d'une ampleur jamais vue, Effondrement, tensions politico-militaires au Moyen Orient et au Caucase...

Dans ces conditions, ne compteront que le travail réalisé dans le présent et un peu le travail passé et accumulé sous forme de biens réels ou d'espèces sonnantes et trébuchantes.

Le modèle occidental, destructeur de la fonction économique de la famille, qui a fait de la famille un poids économique empêchant la Jouissance, est condamné à mourir par ses propres contradictions. Soit notre civilisation disparaîtra, soit elle reviendra à des fondements plus traditionnels où la famille occupera de nouveau une place centrale.

J'entends déjà les discours sur la surpopulation. Il n'y a pas de surpopulation en Occident, encore moins au Québec. Il y a sur-concentration de population dans les villes et dans certaines régions, certes, mais pas de surpopulation en général en Occident.

Une telle image réjouit beaucoup de femmes parce
qu'elle rejoint leurs fantasmes. Une image où
un homme humilierait une femme provoquerait un tollé.
D'où vient cette tolérance à deux vitesses?
Qui la permet?
J'entends aussi les féministes pester contre cette perspective, celles qui croient que la femme est un homme comme les autres et qui se refusent à leurs attributs si uniques et si précieux: ceux qui leur permettent de donner la vie et de nourrir les bébés. Mais il y a des limites à l'artificialité des choses et un jour ou l'autre la Nature reprend sa place. Mieux vaut s'y préparer.

Si vous croyez à la surpopulation, ne faites pas d'enfants, c'est tout. Mais ne demandez pas aux enfants des autres de prendre soin de vous quand tout partira en couille et que votre chèque de pension du gouvernement ne vous permettra de manger que pendant trois jours... Demandez aux Ukrainiens, Grecs, Chypriotes et Espagnols âgés ce qu'ils pensent des coupures de pension et de l'explosion des prix...

Une famille: une maman, un papa, des enfants


La pérennité c'est durer dans le temps. Ce ne sont pas des stocks qui font durer mais leur renouvellement périodique.

En matière humaine c'est la même chose: le renouvellement passe par notre disparition éventuelle et notre remplacement par nos enfants.

Un couple se forme, ils s'unit, a des enfants. Les parents de cet homme et de cette femme sont encore actifs. Puis les enfants deviennent grands et autonomes, ils s'établissent à leur tour. Leurs parents vieillissent puis se retirent et après un certain nombre d'années, perdent de l'autonomie. Le couple les recueille jusqu'à leur mort, et cet homme et cette femme vivent leur vie jusqu'à ce qu'ils se retirent à leur tour et finissent aussi par perdre leur autonomie, puis sont recueillis à leur tour par leurs enfants.

C'est ça la vie humaine. À l'échelle individuelle, c'est une ligne droite. À l'échelle de l'Espèce c'est un cycle. Nous ne sommes pas des individus libres, sans charges et sans responsabilités comme trop de gens le croient, nous sommes avant toute chose les enfants d'un homme et d'une femme, envers qui nous avons des devoirs. Et nous sommes aussi les parents de nos enfants, envers qui nous avons des devoirs.

L'équilibre c'est tenir compte de nos besoins et envies comme de tenir compte de nos devoirs envers nos ascendants, nos descendants et l'Espèce elle-même.

Nous nous inscrivons dans une continuité qui remonte à la nuit des temps et que l'exception civilisationnelle nous a fait perdre de vue. L'Effondrement ou les catastrophes humaines qui accompagneront la fin de la croissance et des ressources abordables nous ramènera forcément à des bases plus saines et plus naturelles, celles qui ont toujours prévalues tout au long de l'histoire de l'humanité.

Et l'une de ces bases, c'est l'importance primordiale de la famille.

On l'a attaquée et pratiquement détruite mais elle reviendra car c'est la seule base sociologique et économique de résilience qui permet de durer, qui a en plus l'avantage d'être en harmonie avec la Nature tout comme notre histoire.


C'est la famille qui assurera notre résilience dans les grands comme les petits événements ou alors notre civilisation disparaîtra.
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Commentaires

Anonyme a dit…
Vraiment excellent comme article.

Félicitation.

C'est tout à fait exact d'écrire ceci: " l'importance primordiale de la famille.
On l'a attaquée et pratiquement détruite"


La famille est le repère du transfert des valeurs morales.

Anonyme a dit…
Oui dans un monde idéal tout le monde est en famille. En lisant le texte j'ai perçu un jugement de valeurs des personnes en couple n'ayant pas d'enfants. Je crois qu'avoir des enfants pour assurer sa survie n'est pas une bonne raison. Avant tout un enfant doit naître d'une relation homme-femme où l'amour est présent. je connais des gens agés qui se plaignent que les enfants ne viennent pas les voir. La famille ne garantit aucunement que nos enfants nous aiderons lors de nos vieux jours. Et que faire des couples stériles? ceux qui ne veulent pas d'enfants par choix? Je connais un cas d'une femme qui est rendu avec son 3ème enfant autiste... ses vieux jours sont-ils assurés? Tu peux être un couple sans enfants, avoir une multitudes d'amis et que tes vieux jours vont être plus sûrs que ta famille. On choisit ses amis, pas sa famille. Pour ce qui est de la notion "d'égoïste", je crois qu'elle peut s'appliquer d'un côté comme de l'autre.

Mes commentaires voulaient démontrer l'autre facette de la famille qui n'était pas abordée dans ce texte.
John Nostromo a dit…
Salut Vic

Ce que je viens de lire est touchant mais que veux-tu que l'on y fasse ? La société est ainsi aujourd'hui, on peut toujours essayer de faire les choses localement mais globalement ?
La grandeur de l'Occident à souvent était sa décadence. En Afrique les anciens vivent auprès des plus jeunes, nous avons perdu les sens de la famille et moi également, peut-être n'avons-nous pas vu arriver la chose, des familles dispatcher pour des raisons professionnelle ou autre.

Continues à alimenter ton blog, bonne continuation Vic.
Anonyme a dit…
Bonjour Vic,
Cet article est plein de bon sens... et la meilleure image qui me vient à sa lecture est celle de la famille de castors qui vit chez moi et que je regarde chaque jour: 5 barrages, donc au moins 5 descendances, ayant bâti un petit village où les jeunes aident les vieux, où les grands frères aident les plus petits, etc. Je les trouve très inspirants !
Anonyme a dit…
Salut Vic,
Continue comme sa des bons articles, je suis pas toujours en accord avec vous mais chacun c'est vision du survivalisme. Mais quand on peut choisir sa famille avec d'autres survivalisme et tissé des liens très serrées. J' en suis sur que tu en a que tu considèrent comme la tienne et que eux aussi c'est réciproque et qu' ils ou elle considère ta petite fille comme leur et la protégera autant que toi. Donc oui c'est important les enfants pour que l' espèce humaine continue. Mais on est pas dans les mêmes situation mental ou physique ou morale ou économique. Mais lache pas Vic j'apprécie ton blog et ta conférence.


XVIII
Vanessa a dit…
En lisant cet article, je me suis rendu compte que j'étais une DINK, comme vous le dites. En tout cas, pour le moment, je n'envisage pas du tout d'avoir des enfants. Par contre, il est certain que je veux en avoir un jour. Reste à savoir quand?

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