L'instant d'après

L’instant d’après… un orage de grêlons

OU

Quand le ciel nous tombe sur la tête

-----------------------

 --= Une collaboration spéciale de GRIFFON =--

------------------------


Nous habitons en France, dans le Nord-Ouest de la région parisienne. 

Le dimanche 8 juin 2014, nous étions invité à une cérémonie, aussi avons-nous vérifié comme d’habitude la météo via l’application de nos smartphones. 

Chouette une journée chaude et ensoleillée s’annonçait, la première depuis longtemps!

Nous sommes donc passés à côté de l’alerte météo qui prévoyait des orages… Je précise au passage que la mairie a mis en place un système d’alerte par SMS auxquels nous sommes abonnés, habituellement cela  fonctionne plutôt bien mais ce jour-là personne dans notre voisinage n’a été averti.

Après la forte chaleur et les émotions de la journée, les enfants couchés, un repos réparateur était le bienvenu. Un petit tour sur différents forums (ça y est, vous imaginez bien la scène ? Préparez-vous à rentrer dans le rôle) et soudaine une photo étrange sur twitter puis une légende « mon potager vient d’être ravagé par des grêlons ». Le pauvre gars, où est-il ? Zut, Chéri es-tu encore habillé ? Est-ce qu’il pleut déjà ? Parce qu’il parait qu’il y a des grêlons qui arrivent.
Le temps de prononcer ses paroles, l’orage éclate. Le temps d’enfiler des bottes à toute vitesse (record battu Yessss), d’ouvrir la porte, d’entendre la voisine hurler après avoir reçu un grêlons sur la tête,  de re-rentrer prendre un casque de chantier (Monsieur suivra avec une grande bassine sur la tête) et vite nous tentons de protéger le potager. Certes il est de dimension modeste car nous avons un petit carré de verdure en proche banlieue parisienne mais nous y travaillons régulièrement et cette année suite à de multiples échanges, nous étions particulièrement fiers de nos dix variétés de tomates anciennes. Nous retournons deux sceaux et déplaçons une chaise en plastique (NB : qui sont à l'heure actuelle tous cassés...) sur nos carrés potager. Nous ne tenons plus, les grêlons pleuvent et ça fait vraiment mal. Impossible de tenir à l’extérieur, nous nous abritons au plus proche dans la cabane de jardin. Au passage j’ai le sublime réflexe (oui, ça va les chevilles ne sont pas trop enflées, de prendre deux pots au passage. Génial, j’ai sauvé les pousses de haricot hybride que ma fille a planté à l’école et le plant de mélisse en piteux état (NB : une tige et deux feuilles noirâtres) du petit qui avait appris à le planter lors de la visite d’un jardin botanique.

Nous nous étonnons de la taille des grêlons, 6 à 8 cm de diamètre tout de même. Je n’avais jamais vu ça en France, ni de ma vie d’ailleurs. 

  « Grêlons première vague, dit comme une balle de tennis »

Flute, un grêlon vient de trouer la gouttière en PVC de la cabane de jardin qui sera ensuite inondée par un flot de boue. Zut, la lumière de la chambre de notre fille vient de s’allumer… Il faut vite renter avant qu’elle sorte. Là je prends la grosse bassine, qui protège un peu mieux le corps ;) Vous pouvez rire, je ne le sais pas encore mais je viens de gagner une belle collection de bleus sur le corps.

Nous rassurons notre fille, le petit dort comme une marmotte. Il s’est écoulé moins de 10 minutes depuis ma lecture du twitt, cela semble irréel. L’orage s’est arrêté, nous échangeons quelques commentaires avec les voisins puis rentrons nous coucher, il n’y a plus rien à faire, nous verrons bien demain à la lumière du jour.

Le temps de retirer les bottes, de changer de pyjama, d’attraper un bon livre histoire de se changer les idées… (vous suivez toujours le scénario ?), une deuxième vague arrive : orage et grêlons « normaux » de 2 cm environ. Par la fenêtre je surveille le pare-brise de la voiture quand soudain une véritable mitraille de grêlons s’abat pendant plusieurs minutes. J’appelle cela la troisième vague, ils ne font « que » 4 à 5 cm mais leur densité et la violence de leur frappe entrainent beaucoup de catastrophe matériel. Un peu partout, les vitres de pare-brise de voiture ou les vérandas en vitre armée ne résistent pas.

  « Grêlons troisième vague, 4cm de diamètre,
petit mais costaud »
Notre voiture est dehors, gloups ! J’ouvre la porte d’entrée pour jeter un œil – très mauvais réflexe – je pose le pied nu sur les éclats de verre de notre auvent qui a été réduit en miettes. (Rien de grave, soyez rassurés. Il faudra juste prendre la loupe le lendemain pour enlever les débris avant que les fauves enfants ne débarquent).

Le temps de ré-enfiler les bottes, les grêlons se sont arrêtés, la pluie continue de tomber.

Les égouts refluent regloups !

Le bas de la rue qui est en pente légère est inondée, avec nos voisins on surveille la montée de l'eau qui progresse de maison en maison. Inutile de vouloir vider la cave. Nous faisons un tour du voisinage car il y a beaucoup de personnes âgées ou des couples avec de très jeunes enfants, beaucoup sont apeurés mais tout le monde est sain et sauf. Des caves sont inondées, des moteurs de voitures fichus, des toitures et des gouttières sont dans un sale état… mais il n’y a pas de blessés graves. Nous nous en sortons relativement bien d’autant plus que l’eau s’est arrêtée de monter et que nous ne serons pas inondés. Il est tombée énormément d’eau en très peu de temps !

Nous effectuons donc à nouveau un petit tour du jardin, les pieds de tomates sont normalement au bout des tuteurs. Ah bon ? parce que sous la couverture de grêle qui jonche le sol, certains ont disparus ?! 

  « Grêlons deuxième vague dit normal »

C'est très sympathique de décompresser en discutant en pyjama-bottes avec les voisins après le déluge (me voilà décomplexée, maintenant on ne fera plus de chichis, on s’est tous vu en pyj’ ça rapproche). Il est 2h du matin, je suis à nouveau trempée, on va peut-être aller se coucher ou ça va recommencer ? De toute façon, maintenant on ne risque plus grand-chose.

État des lieux du jardin le lendemain matin :

Exemple d'impact sur la gouttière, environ un trou tous les 20cm.



Bouillie de salades



Les pommes de terre en sac sont cassées



Les fèves ont piqué du nez



Prends ça dans la poire



Le pommier n'a pas voulu être en reste, les feuilles sont en dentelle



J'ai retrouvé les pommes



mais des épinards perpétuels, il ne reste que ceci



Pied de tomate, où es-tu ? RIP


Donc j'ai des tiges comme cela


ou alors les bouts éparpillés façon puzzle


Relativisons. Il est désolant de perdre le fruit de son travail, de devoir nettoyer et de déplorer des dégâts matériels (Faisons un jeu, à votre avis, combien d’impacts avons-nous sur  la voiture ?). Le potager constitue un plus agréable mais nous n’en dépendons pas pour vivre contrairement à certains maraichers, agriculteurs, vignerons qui ont perdus beaucoup plus. Les dégats ne sont que matériels. Bref, ce n’est rien si ce n’est que les enfants étaient déçus parce qu’il n’y a plus ni cerise ni fraise.

Votre environnement peut évoluer tellement vite ! En un instant tout peut basculer. En sachant que vous êtes un peu préparé et que vous ne serez pas dépourvus, vous serez beaucoup plus serein pour faire face. Après on fait ce qu'on peut.

 


Pour terminer, imaginez-vous sur la route à l‘intérieur de cette voiture pendant l’orage de grêlons du 8 juin 2014…



Cela doit en faire des souvenirs !

GRIFFON

---------------------------------------------------------------

NDLR: Imaginez maintenant que ce n'est pas un potager qui est ravagé mais un champ entier et que le supermarché est un concept du passé.

Puis allez lire:

Végés et faim du monde

Végés et faim du monde 2

Vous comprendrez le sens et le propos de la sécurité alimentaire par la variation des sources d'où on tire nos aliments.


Print this post Imprimez ce billet

Commentaires

Aitsyrt a dit…
Je vis dans une des régions concernées et vers environ 10H00 , le village s'est retrouvé dans le noir au point que les lampadaires se sont rallumés . Le vent est monté soudainement et je n'ai eu que le temps de mettre la voiture à l'abri . Une sorte de drap noir a entièrement recouvert la région . L'orage est passé; dans ma rue, ce fut essentiellement de l'eau mais à l'autre bout du village, des voitures ont été bombardées .

Ceci me rappelle une prophétie de l'amérindienne Chippewa No Eyes, dans les années 80 :
Copier/coller & traduction approximative:

Page 42.

« - Attends un instant. Laisse-moi voir si j’ai bien compris. Il y aura des hivers très durs, avec des tempêtes et de grosse chute de neige.
- Ouais.
- Et les étés seront mauvais aussi, avec des orages et de gros grêlons.
- Pierres de glace, corrigea-t-elle, ne voulant pas se servir du mot que j’avais employé.
- « de grosses pierres de glace. Et puis la foudre sera plus violente et causer des dégâts plus importants »
Deux hochements de tête.
« Cependant je ne vois pas comment l’été et l’hiver peuvent se mêler en une heure seulement.
- Chaud devenir froid, toi comprendre, Summer ?
- Tu veux dire que la température tombera d’un seul coup ?
- Ça monter aussi.
Cette fois ce fut à mon tour de hocher la tête.
- C’est tout déclara-t-elle d’un ton définitif »

Posts les plus consultés de ce blog

Mythe 5: antibiotiques et autonomie survivaliste

Boites de conserves: un choix intelligent

Débuter intelligemment en survivalisme: Attitude