Survivalisme, survie, bushcraft

Il existe beaucoup de confusion de genres entre le survivalisme, la survie et le bushcraft.

Rappelons quelques définitions:

Survivalisme
"(...) démarche qui consiste à développer et maintenir notre autonomie fondamentale dans toutes les situations et dans toutes les circonstances, que ça aille bien ou mal, que ce soit sur le plan personnel ou mondial." 
Survie
C'est une discipline qui regroupe un ensemble de techniques permettant à un individu de rencontrer ses besoins fondamentaux en milieu hostile ou non familier, de manière préparée ou non.

Bushcraft

C'est une discipline qui "ambitionne le réapprentissage d'une vie prospère avec la nature, ainsi que l'acquisition de compétences plus ou moins anciennes pour y parvenir."
Ceci étant dit, poursuivons.

La survie et le bushcraft ont peu à voir avec le survivalisme. Le survivalisme est une démarche de développement de notre autonomie alors que la survie et le bushcraft sont des techniques.

L'un ne remplace pas les autres et vice-versa et c'est très important de l'intérioriser.

Cela, les instructeurs de survie et de bushcraft seront les premiers à le dire.

Les mauvais bons plans

Dans les messages que je reçois, je vois trop souvent, hélas, de gens qui me parlent de leurs plans de préparation survivaliste fondés sur les connaissances de bushcraft ou de survie en forêt ou ailleurs.

C'est, je suis désolé de le dire, une erreur de nature stratégique et je le dis sans porter de jugement de valeur sur les bénéfices du bushcraft et de la survie. Le bushcraft et la survie ont autant à voir avec le survivalisme qu'un buccin dans une supernova*!

On fait du bushcraft à titre de loisir, les week-ends, pendant les vacances. Quant à la survie, elle peut constituer un défi personnel accompli comme loisir ou, plus critique, comme moyen de se garder en vie dans un cadre professionnel. Pensons aux pilotes de chasse, ou aux prospecteurs en région éloignée, etc.

Bien que des techniques de survie et de bushcraft puissent être déployées en situations d'urgences, leur recours dans un contexte de réalité perturbée est, au mieux, un pis-aller, au pire, un échec en tant que survivaliste.

En survivalisme on dénote trois grandes axes de préparation: l'anticipation des situations et de nos besoins, le développement de nos moyens et l'autocorrection constante de notre préparation en fonction des nouvelles connaissance, de nos moyens et des besoins nouveaux.

Dans le cadre de la démarche de préparation et en fonction des trois grands axes énoncés, on en vient à développer du savoir, du savoir faire et des moyens matériels pour le déployer.

Le survivalisme est à la base sédentaire, contrairement au bushcraft et à la survie. Il vise l'autonomie et l'autonomie c'est aussi produire sa propre nourriture. Bien qu'en survie on puisse apprendre à capturer des animaux et cueillir des végétaux afin de les manger, bien qu'en bushcraft on puisse apprendre à fabriquer des armes de jet pour la chasse ou à se faire un abri de fortune, il n'y a rien là qui permette la sécurité alimentaire et surtout la production alimentaire. Pourquoi? Parce que ce n'est pas le but, tout simplement.

Chasser ou cueillir n'est pas produire des aliments et produire des aliments est la manière la plus certaine de se nourrir et de constituer des réserves.

Entre le survivalisme d'une part et la survie et le bushcraft d'autre part s'opposent (gentiment!) quelques idées et concepts:

Survivalisme Survie – Bushcraft
Sédentaire Nomade
Permanent Temporaire
Mode de vie Loisir
Permet l'accumulation Ne permet pas l'accumulation
Projection dans l'avenir Pas de projection dans l'avenir
Vise l'expansion et la croissance Vise la stabilité

Le tableau si-dessus présente les choses globalement. Dans le détail et avec une approche plus fractionnée, ce qui est bon pour l'un peut devenir bon pour l'autre.

Néanmoins ce tableau démontre que le survivalisme d'une part et la survie comme le bushcraft d'autre part ne visent pas les mêmes objectifs ni n'utilisent généralement les mêmes moyens.

De l'un à l'autre

Il n'est pas dit toutefois que la pratique de la survie ou du bushcraft ne mène pas au survivalisme ou double-vice-versa.

Tout est question de besoin et de manière de voir. Ce qui compte, c'est de choisir la chose qui correspond le mieux à vos besoins.

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*Les initiés auront reconnu cette référence au Guide Galactique
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Commentaires

Svava a dit…
Article très pertinent, merci pour ce partage que je me permets de faire suivre sur mon propre blog!

Au plaisir de continuer à vous lire,

Svava
John Nostromo a dit…
Salut Vic

Vidéo intéressante et tant de choses à dire...Tout d'abord je vis en France.
J'ai souvent des amis qui me disent qu'en cas de rupture de la normalité ou effondrement la forêt est un endroit crucial, que l'on peut y vivre ??? Cela me fait souvent rire, peut-être pour un groupe de gars entrainé mais pour une famille avec un enfant en bas-âge la donne n'est plus la même et la France n'est pas une foret giboyeuse pouvant nourrir 60 millions d'individu tout les jours.
Et comme tu le dis, prendre la route c'est finir dans un camp de réfugiés 9 fois sur 10.
Je pense que la meilleur des choses et de ne pas bouger de chez soi et faire de son domicile une B.A.D, tisser des liens avec le voisinage et se préparer.
Je vais m’arrêter là mais il y a tellement de chose à dire sur une vidéo de la sorte.
Bonne continuation Vic, au plaisir.
John Nostromo a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
John Nostromo a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…
Articles tres interesant!!!

Mais je suis seulement a moitier d'accord.

C'est vrai que le but ultime c'est d'etre pret a tout situations.Mais il ne faut pas oublier que nous somme seulement des humains et que certaine éventualité peut nous échappé.

Donc quelque technique de survie ou de bushcraft bien maitriser peuvent toujour servir en attendant de trouver une solution durable.

Merci et c'est un plaisir de vous lire
Vic Survivaliste a dit…
Il se peut, ça voudrait cependant dire que nos plans survivalistes étaient déficients ou mal élaborés et une telle situation serait un avis de défaite.

Moi je n'aime pas la défaite.
Unknown a dit…
Bonjour,
Bien que ne partageant pas vos valeurs (me semble-t-il), je me suis posé un certain nombre de questions, à l’époque où je cherchais une région pour y vivre avec mes enfants. (Vers 1980)
Le risque de guerre nucléaire existait, mais à part éviter les grandes agglomérations, il n’y avait pas grand chose à faire.
Celui lié à la proximité de centrales nucléaires et de sites Seveso était gérable et intégrable dans mes choix. Je l’ai fait (dans la mesure du possible); mais j’ai été fort surpris et le suis toujours en 2015, de n’avoir pas trouvé (facilement) de cartes, et surtout pas de cartes intégrant les épandages atmosphériques et de ruissellement !
ça ne résout pas tout, mais ça éviterait de prendre des risques faciles à éviter !
Tenir compte des vents dominants ne protègerait pas à 100% mais éviterait de placer une école maternelle sur une voie de dispersion très probable de contaminants.
Entre un hôpital, une crèche et une maison de retraite à installer dans une zone plus risquée, il me parait « normal » d’y mettre ceux dont l’espérance « normale » de vie est la plus courte !
Avec les outils informatiques, je suis très surpris de ne voir nulle part ce genre d’étude. En avez-vous connaissance ?
Une diffusion large n’est peut-être pas souhaitable, la topographie de risque deviendrait un argument de vente et de mévente !
J’ai appris dans le même ordre d’idées, que les habitants d’un quartier d’une grande ville bretonne, particulièrement riche en Radon, s’étaient opposés à la publication des mesures faites dans les maisons qui deviendraient invendables !

Je cherche également le genre de briquet (à piston) utilisé par le « rigolo » dont vous faites des gorges chaudes. Je n’en connais pas le nom.

Compte tenu des risques d’attentats (2015) je m’étonne aussi de n’avoir jamais entendu le moindre écho de cours de self défense collective !
Il est généralement conseillé de faire profil bas; c’est souvent le meilleur moyen de ne pas se signaler personnellement, mais c’est aussi reculer pour mieux sauter (humour noir involontaire). On voit aussi ce qui se passe trop souvent dans des transports en commun, où une réaction conjuguée, même de « faibles femmes » ou d’enfants serait dissuasive face à des agresseurs !
Je suis dans la catégorie des lâches, mais il m’est arrivé de devoir intervenir (étant le seul homme de service) et de désamorcer une situation explosive en faisant rire sa bande au détriment de l’agresseur. Cette situation a peu de chance de se renouveler; mais des actions « concertées improvisées » devraient être possibles et enseignées.

Salutations,
JLB29P
Vic Survivaliste a dit…
La self-defence collective, ça s'appelle une milice et c'est interdit en France (sauf pour le BETAR et la LDJ qui s'entraînent dans les locaux du ministère de l'intérieur). Au canada, c'est pas interdit mais ce sont des problèmes assurés.

Quant à la gestion des habitations et des retombées éventuelles de fuites de centrales, et l'absence de cartes, sérieusement, je ne peux pas y faire grand'chose.

À propos des "rigolos", beaucoup confondent le survivalisme avec des astuces s’apparentant à des curiosités ou à des gadgets. Les plus proches des survivalistes, ce sont les paysans en situation de crise, comme en 1940-45 en France, ou comme les colons français au Québec. Ce sont eux les modèles à suivre, pas les petits comiques avec leurs trucs commerciaux ou à 18,000e vidéo sur le même foutu firesteel.
Camille a dit…
Bonjour Vic,

Il est compréhensible que les marchands veulent lier les 3 notions et donc entretenir la confusion à leur sujet sur internet, dans le but de vendre des kits ou du matériel à un spectre large du public en une seule vidéo promotionnelle. Car enfin pour eux, toute cette clientèle s'adonne à des activités de "vie ou de mort", où il leur faudra, pour résister à une crise, à une situation ponctuelle, ou à une nature hostile, le meilleur équipement du monde.
Il existe un groupe de gens qui me fait bien plus penser au survivalisme que les "bushcrafters" et les "survivors", il s'agit des gens qui s'impliquent par exemple dans des AMAPs, des WWOOFs ou dans d'autres mouvements d'agriculture paysanne en circuit court. Ils ont des outils à main, parfois des chevaux et des boeufs pour le trait, élèvent produisent (de la nourriture, mais aussi du bois de chauffage) à l'ancienne dans des communautés rapprochées. D'accord, pour l'instant la question de la sécurité physique ne se pose pas vu qu'ils pratiquent leur activité en situation de "normalité", mais ils essaient en définitive de réaliser une autonomie alimentaire et énergétique sur un très petit territoire via la polyculture pour eux-mêmes et leurs adhérents.
Quand un survivaliste parle de BAD, c'est ce type de structure qui me vient à l'esprit.

Questions; le survivalisme est-il proche de ces mouvements? Discutez-vous entre eux? En quoi la finalité du survivalisme est ell différente?

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