Le délire pacifiste


Délire: Trouble psychique qui se traduit par une confusion des idées, une perception erronée de la réalité. 

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Pacifisme: Doctrine de ceux qui croient à la possibilité d’établir la paix universelle et qui s’efforcent d’en préparer l’avènement.

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Dans le monde survivaliste, il y a deux camps. 

Il y a ceux qui prônent la possession d'une arme à feu à titre d'outil dans le cadre d'un dispositif global de la préparation comprenant notamment la protection et la défense familiale armée.

Et il y a ceux qui condamnent les armes à feu ou même l'idée d'utiliser la force, toute défensive qu'elle soit.

Parmi eux, plusieurs voudraient même qu'aucun survivaliste ne possède d'arme, c'est à dire par extension qu'une force extérieure (l'État) proscrive la possession d'armes à feu chez les citoyens (nous).

Les Hard Cores et les Bisounours, en quelque sorte.

Pourquoi (encore) ce débat? 

Il ne devrait pas y avoir de débat ou de confrontation entre survivalistes sur ce sujet. Ou plutôt s'il devait y en avoir un, il devrait se dérouler sur l'idée de ne PAS être armé.

Si on prend pour acquis que le survivalisme est une recherche d'autonomie maximale et un développement de ses capacités de résilience, peu importe les circonstances, alors il m'apparaît incompréhensible qu'une personne choisisse de ne pas se donner le maximum de chances et de possibilités en renonçant par avance à un outil particulier, spécialement dans le domaine de la sécurité mais aussi de la chasse et ses précieuses sources de protéines.

Évidemment cette notion d'autonomie en matière de sécurité est balisée.

Balisée en premier lieu par deux grands corps de règles de conduite: d'abord la Loi, obligatoire et d'application générale; ensuite la morale personnelle assortie du bon jugement et parfois, d'un sens sacré donné à la vie humaine (ce qui est personnellement mon cas).

Les perceptions face à la réalité

En matière d'armes à feu, il est bien difficile d'écarter l'émotivité et son cortège de perceptions et de préjugés. Le discours généralisé en cette matière tient à une phrase: "les armes à feu, c'est mal".

Cette assertion est très mal fondée philosophiquement parlant et qui plus est, erronée.

J'ai fait le test. 

J'ai laissé quelques carabines déchargées sur la table d'un champ de tir pendant plus d'une heure, avec des munitions juste à côté. Croyez-le ou non mais aucune ne s'est chargée toute seule et ne s'est mise en mode "killing spree"!!!

C'est une boutade évidemment. Mais ça démontre bien qu'une arme à feu est un objet inerte, dépourvu de volonté et conséquemment incapable de commettre le Mal - ou le Bien.

Si pourtant le Mal peut être commis à l'aide d'une arme à feu, c'est que cette arme est manipulée par une personne mal intentionnée. Une personne qui commet le mal avec un objet inanimé ou même sans objet inanimé, ça s'appelle un criminel et non un objet maléfique ayant pris possession de l'âme d'une personne. Un criminel. Point.

Devient un criminel la personne qui commet un crime ou qui planifie en commettre un, c'est à dire la personne qui ne respecte pas ou planifie ne pas respecter les lois proscrivant des comportements appelés "crime". Avec ou sans arme à feu.

Il ne faut donc pas dire "une arme c'est mal" mais "le crime c'est mal". Formulé comme cela, hard core  et bisounours ne peuvent qu'être d'accord.

Une étude empirique sérieuse

Le très sérieux Fraser Institute, un think tank canadien, a commandé une étude sur la réglementation des armes à feu dans quelques pays du Commonwealth britannique qui ont légiférés des règles très restrictives sur la possession d'armes à feu par les citoyens dans les derniers vingt ans.

L'auteur de cette étude au nom prédestiné de Gary Mauser (faut le faire, quand même!), a publié en 2003: The Failed Experiment: Gun Control and Public Safety in Canada, Australia, England and Wales. Ce document est téléchargeable via le lien.

Il a comparé les politiques publiques sur les armes à feu du Canada, de l'Australie, de l'Angleterre et du Pays de Galles avec leurs effets sur la criminalité armée et a ensuite mis cela en relief avec les juridictions états-uniennes qui ont des politiques libérales en cette matière, notamment à propos du port d'arme.

Il apparaît donc que plus on restreint la possession d'armes à feu aux mains des citoyens, plus le crime armé... augmente ou ne diminue pas!

Digression vers les lois dans le Commonwealth


Les pays du Commonwealth étudiés possèdent tous à peu près les mêmes bases juridiques britanniques en matière de criminalité et d'usage d'une arme, y compris à feu, dans la légitime défense. Ces bases sont les suivantes (je résume les lois canadiennes mais elles sont comparables dans les autres pays visés par l'étude):

1) La légitime défense, c'est le droit de se défendre d'une menace sur la vie. Elle ne s'applique pas à la protection de ses biens, mobiliers ou immobiliers, car elle n'est applicable qu'à la défense de sa vie.


2) La défense doit être proportionnelle à l'agression et la force employée pour se défendre, raisonnable et proportionnelle à la force employée pour agresser la victime. 

3) La menace sur la vie doit être sérieuse aux yeux de toute personne raisonnable et la victime doit sentir sa vie (ou la vie d'un tiers) menacée.

4) Une agression désarmée (i.e. à poings nus) justifie très rarement une défense armée, que ce soit avec un objet coupant, un objet contondant ou une arme à feu.


Voilà grosso modo les règles applicables en légitime défense et on constate que la légitime défense est balisée restrictivement.

Et vers les USA...

Dans environ 25 États US, il existe des lois qui offrent beaucoup plus de liberté dans la défense armée.

1) la loi Stand your ground (tenir son terrain) qui permet à une personne qui se sent menacée par une autre, d'ouvrir le feu ou de prendre les moyens nécessaires pour la neutraliser. 

2) la loi Castle Law (Loi du château) qui permet à une personne de défendre ses biens comme la vie des occupants de sa maison (et par extension de toute ses propriétés, y compris les véhicules automobiles) avec tous les moyens nécessaires, y compris la force létale. 

Ces lois vont de pair avec une grande libéralisation en matière d'armes à feu, qui vont du port d'armes non dissimulées (donc sur soi et visibles) libre et sans permis sauf pour les criminels condamnés et les mineurs; jusqu'au port d'arme avec un permis obtenu après une formation sur la sécurité et le contexte légal d'utilisation d'une arme à feu.

D'autres États comme le Connecticut, la Californie et New York sont au contraire plus restrictifs que le Canada, par exemple.

Retour sur l'étude et ses observations

Plus la législation s'est durcie et a enlevé des libertés en matière d'armes à feu et retiré des armes à feu des mains des citoyens, plus le crime armé, après une courte baisse, a fleuri! Incroyable, n'est-ce pas? C'est particulièrement visible en Australie.

Inversement, plus les juridictions sont libérales sur la possession et surtout le port d'armes à feu, plus le crime armé baisse ou demeure bas.

Les explications? Elles sont simples.

Les citoyens ne deviennent pas des criminels quand ils possèdent des armes à feu. La très grande majorité des citoyens est respectueuse de la loi. Un canadien n'ira pas tirer sur un intrus après sommation car il sait qu'il n'en a pas le droit et qu'il commettrait un acte criminel. Au Texas, il pourrait le faire sans conséquences judiciaires. Dans les deux cas, les citoyens connaissent la loi, les limites de ce qui est légal ou criminel et respectent le tout. Ce ne sont pas eux qui commettent des crimes.

Par contre:


Les criminels ne sont pas des héros. Entre agresser un homme de grande taille et baraqué ou une femme vieille et chétive ou une jeune femme frêle pour voler un porte-monnaie, ils vont choisir à tout coup la femme vieille et chétive parce qu'elle ne peut pas se défendre.

Toutefois, dans un environnement où les gens sont armés, le risque de tomber sur une victime armée, même si elle est vieille et chétive, et de se prendre un plomb dans le corps est en soi une dissuasion suffisante pour faire renoncer beaucoup de criminels à ce type particulier de criminalité contre la personne. 

Idem pour les intrusions de domicile où les criminels de ces juridictions libérales prennent soin d'éviter les maisons qui semblent occupées pour ne forcer que les piaules désertées pour la journée ou la soirée.

En Floride, où on a introduit récemment le port d'arme pour les citoyens, les agressions contre les personnes ont été réduites de manière notable, idem pour les violations de domicile. En revanche cette criminalité s'est déplacée vers les touristes, facilement identifiables en Floride, qui eux n'ont pas le droit de porter les armes. Les criminels ne sont pas des héros disais-je...

Les armes, historiquement parlant

J'ai parlé à quelqu'un l'été dernier, un français immigré devenu plus québécois que les "de souche" (il se reconnaîtra!) qui me parlait des pistolets de voyage d'un de ses aïeux. 

Il était courant à l'époque de s'armer et de pouvoir défendre sa vie et son domicile. En fait la notion de l'inviolabilité du domicile est un très ancien concept et il a été introduit formellement dans le droit britannique au XVIè siècle. 

"La maison d'un homme est son château et nul ne peut y pénétrer 
sans sa permission ou sans l'autorisation de la Loi."

Pourquoi alors désarmer les citoyens?

Le désarmement des citoyens occidentaux a commencé en Allemagne en 1919 (et pas en 1938 comme on le pense généralement).

L'Allemagne venait de perdre la Première Guerre Mondiale et l'État, en vertu du Traité de Versailles, devait être pratiquement désarmé. Un État désarmé peut difficilement faire régner l'Ordre. Encore moins face à une population qui possède des armes, dans un contexte de grave crise économique et nationale et avec l'obligation de pressurer sa population afin de payer des indemnités aux vainqueurs. Le gouvernement allemand a décidé de désarmer sa population pour faciliter son maintien et l'Ordre.

En 1928, cette proscription a été levée et en 1938, sous Hitler donc, on a balisé sérieusement la possession d'armes de poing mais pas celle les armes longues.

Le régime soviétique des débuts a tenté de confisquer les armes mais sans grand succès. C'est sous Staline que le NKVD a réussi à confisquer pratiquement toutes les armes. Idem pour la Chine sous Mao.

Rappelons qu'en 1789, les bourgeois, instigateurs et dirigeants de la Révolution, ont armé le petit peuple parisien pour prendre la Bastille mais se sont dépêchés de les désarmer en rachetant les fusils peu de temps après. On n'arme pas les citoyens issus du petit peuple car on ne peut plus leur  imposer ce qu'on veut par la suite... Ceux qui connaissent bien l'histoire de cette période savent que les petits ouvriers et artisans ont par la suite bien morflé quand les élus les ont dépouillés d'à peu près tout ce qui leur permettait de vivre.

Depuis les années 80-90, on assiste au même mouvement en Occident: désarmer les citoyens et ne laisser armés que les policiers, les soldats et... les criminels qui eux n'ont pas de problème à s'équiper d'armes à feu prohibées, des armes qui par nature ne peuvent légalement se trouver dans les mains des citoyens!

Un gouvernement qui veut pressurer sa population ou la garder 
sous contrôle étroit lui interdit de posséder des armes.

La criminalité canadienne avec une arme à feu, en chiffres


Au Canada, sur la totalité des meurtres commis à chaque année, bon an mal an, seulement un meurtre sur trois est commis à l'aide d'une arme à feu et cette proportion est en déclin..



Ce n'est pas faute de posséder des armes à feu. Les civils canadiens détiennent près de 10 millions d'armes à feu pour une population de près de 35 millions de personnes.


Près de 2 millions de personnes possèdent légalement des armes à feu et environ 15% des foyers comptent une ou plusieurs armes à feu.

En 2007, il y a eu 594 meurtres au Canada, dont le tiers seulement, soit un peu moins de 200, commis avec une arme à feu.

Dans les faits, seuls 7% des homicides commis avec une arme à feu l'ont été avec des armes détenues légalement. Cela ferait théoriquement pour 2007, 14 meurtres.

Et le registre des armes à feu n'a rien à y voir...

89% des incidents impliquant des armes à
feu impliquaient la possession illégale d'une arme
à feu, soit qu'elle était prohibée, soit qu'elle
était détenue sans permis.
Sur les 23,000 incidents rapportés à la police et impliquant une arme à feu au Canada en 2006, 89% impliquaient une possession illégale d'une arme à feu. Les 11% restants représentent donc 2530 cas. 2530 cas sur près de 2,000,000 de possesseurs légaux d'une arme à feu. Conséquemment en 2006, un dixième de 1% des détenteurs légaux d'armes à feu sont impliqués dans des incidents reliés à des armes à feu. 

Ces incidents vont de l'homicide avec une arme à feu (14) jusqu'à la violation des règles d'entreposage, en passant par la plainte d'un citoyen qui a vu un chasseur armé sortir de la forêt trop près de sa maison pour son goût, ou des violations de la réglementation dans le transport des armes dans un véhicule automobile suite à une interception pour violation du code de la route... 

Si les homicides sont graves en soi, les violations aux règles d'entreposage des armes à feu, qui sont aussi des infractions, le sont beaucoup moins, moralement parlant et quant aux effets de ces infractions. Bien sûr: il faut observer strictement la loi, je le répète constamment à qui veut bien l'entendre car il y va de notre permis et de la sécurité d'autrui, toutefois entre un meurtre et une arme mal cadenassée ou hors de sa housse sur la banquette arrière d'une automobile, il y a un monde de différence dans le degré de Malignité que ça représente.

J'entends déjà les bobos dire "oui mais s'ils n'avaient pas eu des armes à feu, ces 14 meurtres auraient été évités". Non, ils n'en savent rien. Ces 14 homicides à l'arme à feu légalement détenue pourraient aisément aller rejoindre les 396 autres commis sans armes à feu.

En somme si vous vivez dans une ville de cent mille habitants, il s'y trouve en théorie cinq à six mille personnes qui détiennent légalement une arme à feu. 

Dans ce groupe, 6 à 7 personnes seront impliquées dans un incident relié aux armes à feu (entreposage inadéquat, transport inadéquat, etc.) et les probabilités établissent que ces incidents seront sans victime...

Les citoyens ordinaires et les armes à feu

J'ai parlé du cas du Canada puisque je suis assujetti à ses lois. La situation peut être différente ailleurs mais pas bien différente.

Dans les faits, entre ce qu'on dit des armes à feu et la réalité de la chose, il y a là aussi un monde.


Qu'est-ce que tout ça démontre? Que les citoyens ordinaires ne se mettent pas en mode tuerie de masse dès qu'ils possèdent une arme à feu.

Que nous enseignent les chiffres?

594 meurtres en 2006 pour 35 millions de canadiens

Bon an mal an 0,001697% des canadiens ont commis un meurtre. En arrondissant, deux millièmes de un pour cent des canadiens commentent un meurtre chaque année. 

Chez le million huit cent mille canadiens propriétaires d'armes à feu légalement détenues, 14 d'entre eux ont commis un homicide avec une arme à feu soit 0,000778%. Nous ne sommes plus dans les millièmes mais dans les dix-millièmes! en arrondissant nous obtenons ceci: 8 dix-millièmes de un pour cent de toutes les personnes autorisées à posséder une arme à feu ont commis un meurtre avec une arme à feu

Que conclure? Que les propriétaires d'armes à feu légalement détenues tuent deux fois moins avec une arme à feu que la moyenne canadienne ne commet de meurtre avec une arme à feu!!! 

Si l'arme à feu incitait au crime, cette proportion devrait être bien plus élevée. Il n'est pas exclu que des criminels soient passés entre les mailles du filet et aient eu le droit de posséder légalement des armes à feu mais les chiffres ne le mentionnent pas et si c'est le cas, ces gens n'auront plus jamais de permis.

Force est donc de conclure que ce qui incite au crime, c'est la mentalité criminelle et non les outils à la disposition. En cette matière, l'occasion (l'arme) ne crée pas le larron et pour cause: l'arme ne cause pas le crime. C'est le criminel qui cause le crime...

Aux USA, on estime qu'il y a chaque année environ un million et demi à deux millions et demi d'utilisation défensive légale d'une arme à feu, pour environ 11,000 homicides (meurtres, involontaires coupables et défensifs confondus) commis chaque année. Encore une fois, les citoyens honnêtes qui sont propriétaires d'armes à feu sont loin d'être des brutes sanguinaires sinon le nombre d'homicides serait beaucoup plus élevé.

Autant pour l'image de dangereux fous assoiffés de sang que les bobos cherchent à nous donner.

Maintenant, peut-on commencer à parler des armes à feu de manière éclairée, c'est à dire avec la raison plutôt que l'émotion, avec des faits plutôt que des "si"?

Les armes à feu dans le contexte du survivalisme

J'ai un contact présentement aux Philippines, qui est allé prêter main-forte aux efforts d'assistance à sa population éprouvée par le super typhon Haiyan le plus puissant typhon enregistré depuis qu'on mesure leur force.

On a parlé dans les médias du pillage d'un entrepôt de riz qui a fait huit morts. Selon mon contact le chaos et les incidents violents sont bien plus nombreux et bien pires que ce qui a été rapporté.

Bien pires...

La Civilisation chez l'humain doit à la coercition une juste part de sa capacité de se maintenir. Chacune des lois régissant le comportement des individus n'est pas également voulue par chacun mais elles sont des facteurs stabilité, donc de civilisation, ce dont tout le monde profite. Par exemple le droit de vivre est assorti d'une interdiction de tuer. 

Ces lois humaines, toutes imparfaites qu'elles soient, "garantissent" théoriquement la protection de nos biens contre les vols, le vandalisme, la détérioration.

Comme l'être humain n'est pas un robot qui suit aveuglement ses instructions, les lois ou les règles du "vivre ensemble" sont souvent violées quand personne n'est chargé de les appliquer. Lors de la grève des policiers et pompiers de Montréal en 1969, c'était le chaos: crimes, incendies, émeutes, manifestations sauvages, etc. Absence de surveillants = augmentation du crime. Absence de moyens de coercition (police, armée, dissuasion par un taux élevé de citoyens armés) = augmentation du crime.

Lorsque les Pouvoirs Publics ne sont plus en mesure de faire respecter les lois ou encore lorsque les gens, la population, monsieur et madame tout-le-monde, perd ses repaires normaux et ses moyens habituels de s'approvisionner, beaucoup optent pour des expédients. 

C'est ce qui s'est produit aux Philippines après le passage du méga-typhon, à Montréal pendant la grève des policiers et des pompiers, à Haïti après le tremblement de terre de 2010 et dans bien d'autres cas similaires.

C'est compréhensible. Un père de famille agira de toutes les manières possibles, quitte à commettre un crime, pour nourrir ses enfants, au lieu de les regarder mourir par absence de nourriture, d'eau et de médicaments.

Cela va toujours se produire dans des situations pareilles. Lorsque les moyens qui maintiennent l'ordre et le Droit dans la société civile ne fonctionnent plus, le phénomène de l'entropie se manifeste et le système se dégrade, dans ce cas-ci sous forme de crimes, d'émeutes, d'agitations, de vols et de viols à plus grande échelle. Rajoutons à cela des pénuries de subsistances et c'est la catastrophe assurée.

Bien entendu les survivalistes se sentiront à l'abri de ces types de troubles par les réserves qu'ils constituent. Il suffit de s'enfermer et de ne ressortir que quand tout est revenu à la normale, du moins en matière de sécurité publique. 

Une fausse sécurité si vous voulez mon avis. 

Un tas de situations peuvent faire en sorte qu'une famille survivaliste en mode bug in sera repérée et identifiée comme fat target: chauffage, éclairage, odeurs de cuisson, absence de va et vient alors que tout le monde aux environs erre ou sort pour aller trouver de la nourriture, ou encore si cette famille sort, meilleure apparence, meilleure hygiène, absence de signes de la faim, etc.

Dans ces conditions, ce qui est rapporté dans l'article sur le pillage de l'entrepôt de riz et qui a fait huit morts, peut se produire aussi dans cette habitation survivaliste. 


Les gens affamés ne cherchent pas des entrepôts de riz, ils cherchent de la nourriture, où qu'elle soit.

Et là, dès ce moment, se pose la question des armes:
"Alors que l'aide arrive au compte-goutte, certains d'entre eux, affamés, se sont armés pour piller les bâtiments encore debout à la recherche de nourriture."
Peut-on lire dans l'article...

J'ai cité l'exemple des Philippines puisqu'il est récent mais chaque crise de même ampleur voit se déployer le même type de comportement. 

Ils sont armés afin d'imposer leur volonté à ceux qui gardent ou détiennent ou possèdent de la nourriture. Quelle réponse leur donner lorsqu'ils défoncent notre porte? Un discours sur la non-violence inspirée de Gandhi?

Donc, ces armes à feu, quel est leur rôle? Il est triple: sentiment de sécurité, dissuasion et défense.

Sentiment de sécurité. Le citoyen armé, qu'il ait été un Romain du passé ou un Suisse d'aujourd'hui, a, du fait de son droit de s'armer et de la possession de ses armes, un sentiment de sécurité que les citoyens désarmés n'ont pas. À cause de quoi? 

À cause du temps de réponse entre la menace sur la vie et les mesures de protection. 

Le temps de réponse à une menace sur la vie d'un citoyen armé ou sur celle d'un proche, c'est le temps d'appeler 911/Police-Secours et de mettre la main sur son arme, la charger et l'armer. Quoique les deux actions peuvent être effectuées simultanément.

Le temps de réponse du citoyen désarmé, c'est celui de prendre le téléphone, d'appeler 911/Police-Secours et d'attendre recevoir des secours. À moins de vivre au dessus d'un poste de police, il s'écoulera de nombreuses minutes, entre cinq et quinze, entre l'appel à l'aide et l'aide elle-même.

C'est spécialement vrai à la campagne, encore plus en région éloignée où les policiers ne peuvent que constater le crime après le fait et faire rapport.

Et cela c'est quand tout va bien et que les policiers sont en service normal, sans perturbation de la normalité. En cas de perturbation même relativement légère de la société, appelez Aube Dorée, eux au moins viendront, pas les flics.

Les flics ne sont pas à blâmer pour leur temps de réponse. Ils ne peuvent simplement pas être là, par magie, juste avant la commission du crime, pour l'empêcher. 

Dissuasion. L'effet dissuasif d'une arme à feu n'est pas négligeable. Un ami m'a un jour raconté que des jeunes venaient sur les terres de son beau-père, y coupaient du bois et détérioraient sa vaste propriété. Un jour son beau-père est arrivé en tout terrain et les a pris sur le fait. En le voyant arriver, ils ont saisi des branches pour s'en faire des massues. Sauf que... le mec avait son calibre 12 avec lui, dans l'étui fixé sur son tout-terrain. En descendant il a pris son 12 dans sa main, histoire de le sécuriser en ne le laissant pas dans son étui et à portée de main des jeunes. Les jeunes ont pris peur et ont foutu le camp... 

Les criminels des temps normaux, les pillards des catastrophes, les zombies des effondrements auront la même réaction, parce qu'ils ne sont pas des héros et préféreront attaquer des "phats", soft targets, comme des survivalistes désarmés avec beaucoup de réserves, par exemple. 

Défense. Finalement, la défense, c'est le geste concret et réel de protéger la vie, la sienne propre ou celle d'un proche ou même celle de notre voisin, en bon samaritain, en infligeant des blessures ou la mort chez l'agresseur ou les agresseurs...

Contrairement à ce qu'on pense chez les bien-pensants, contrairement à ce qu'on véhicule dans les films, contrairement aux discours officiels, personne n'a envie de tuer une autre personne. 

Même les soldats... Durant la Seconde Guerre Mondiale, seuls 15 à 20% des soldats ont tiré pour tuer des soldats ennemis, même quand leur vie était manifestement en danger. Les 80 à 85% de soldats qui ne voulaient pas tirer sur d'autres êtres humains, tiraient en l'air ou à côté, préférant être tué que de tuer un de leurs semblables, même s'il portait un uniforme honni.

Quatre vingt à quatre-vingt-cinq pour cent des soldats, qui ont été entraînés et désensibilisés, assaillis de propagande et de patriotisme instrumentalisé pendant des semaines, refusaient de tirer pour tuer! Le tabou de la prise de la vie humaine est puissant!

Non tuer n'est pas facile et c'est tant mieux. Ça doit demeurer difficile pour les personnes décentes, et même pour les autres.


Grande-Bretagne, 1940, la Home Guard était composée
de civils armés de leurs armes personnelles
et il n'y a eu aucune tuerie de masse...
Aussi je ne m'inquiète pas de l'armement de la population puisque cette population est composée de gens qui ne veulent pas tuer, qui n'en rêvent pas et qui même abhorrent l'idée en soi. Difficile dans ces conditions d'aller vers un inconnu et d'appuyer sur une détente de sang froid. Même la majorité des flics qui abattent pourtant des gens dangereux et sur le point de tuer et qui ont donc toutes les raisons morales pour abattre un criminel, doivent partir en congé de maladie pour choc nerveux après avoir tué.

Certains types d'individus n'ont pas ce tabou. Eux n'hésiteront pas à tuer, violer, à profaner des cadavres et démembrer ou éviscérer des corps juste pour envoyer un message visant la soumission d'une collectivité ou par pur sadisme. Et en temps de chaos, c'est pour se protéger de ceux-ci que je prône l'armement de ceux-là, c'est à dire nous, les survivalistes et par extension, nous les citoyens.

Ah ces taquins!

Tous les bisounours qui crachent sur les hard core parce que ces derniers possèdent une arme à feu, parce que c'est Mal, parce qu'ils trouvent ça risqué que leur voisin ait une arme, avouent tous qu'ils ont un couteau pour se défendre, ou une hache ou une batte de baseball. Aucun d'eux n'a dit "je me laisserai tuer et les regarderai violer ma fille avant", car leur pacifisme ne va pas jusque là.

Ce sont de grands taquins! Parce qu'au fond, ils vont faire la même chose que les hard core à savoir tenter de se protéger et de protéger leurs proches in extremis mais sans s'être donné préalablement les meilleurs moyens pour ce faire: l'arme à feu, et l'état d'esprit de protéger la vie de sa famille par l'usage de la force. Parce que l'arme à feu, c'est mal. Parce que la violence, c'est mal. Sauf quand c'est un type de violence qu'eux, arbitrairement, jugent acceptable. C'est à dire ce à quoi eux sont prêts.

Je sais j'ai un ton un peu moqueur en parlant d'eux. S'ils ne se donnaient pas une supériorité morale avec leur pacifisme, j'aurais adopté un autre ton... 

Le pacifisme adapté à la normalité

Ce n'est pas que mauvais le pacifisme, remarquez. C'est génial d'être pacifiste avec des dizaines de millier de flics en service et une armée pour nous protéger des invasions.


C'est tout à fait ce que les États attendent de leurs citoyens alors oui, les personnes pacifistes sont parfaitement adaptée à nos sociétés occidentales. Je ne vois pas en quoi c'est un signe de sanité mais c'est un point positif, enfin je crois.

Dans nos sociétés, il existe une force dissuasive qui inhibe les gens violents, une force répressive qui les arrête après le crime, une morale publique propagée par les médias, tout le monde peut à peu près manger à sa faim donc pas de raison de voler. Il y a la paie déposée toute seule dans notre compte bancaire et/ou des allocs. Les frais de santé sont couverts par une panoplie d'assurances publiques ou privées. Alors oui il y a toutes les raisons du monde d'être pacifiste et je le répète, les survivalistes pacifistes sont tout à fait adaptés aux paradigmes de notre société actuelle.


Le pacifisme, en occident, c'est du conformisme et de la soumission aveugle aux promesses mythiques d'une "société meilleure", c'est une doctrine de riche et de bobo qui ne se confronte pas à la réalité des banlieues, des gangs de rue ou des disparités économiques majeures.

Cependant le pacifisme n'est pas du tout adapté à une société perturbée ou désintégrée, à une société post-normalité où les balises, les garde-fous, les forces maintenant la cohésion, ont disparues.

Je ne comprendrai jamais qu'une personne qui se dit survivaliste ou prepper ou prévoyante, peu importe le nom qu'elle se donne, qui se réclame de l'autonomie tout en renonçant volontairement à une part importante de son autonomie, à savoir les moyens d'assurer sa sécurité, sa protection, sa défense et celles de ses proches. Cela sans parler des moyens d'aller se chercher des protéines animales plus facilement. L'arc et l'arbalète, c'est bon pour du gibier à quatre pattes mais pour les oiseaux, rien n'égale la chevrotine.

Ce n'est pas être va-t-en-guerre que d'être armé pour les cas où on en aurait besoin. C'est de la prévoyance. Au même titre que de constituer des réserves alimentaires et de médicaments. 

En temps de normalité, il vaut toujours mieux faire appel aux corps constitués que de prendre en main soi-même toute la question de sécurité et de risquer de se faire justice soi-même. En cas de menace on prend la fuite ou on se retranche dans une pièce et on attend les secours, même si on est armé. En temps de perturbation et si les forces de l'ordre ne peuvent pas intervenir, la nécessité nous poussera à protéger notre vie ou celle de nos proches sans apport extérieur. Mieux vaut dans ce cas avoir le 12 à pompe que le chandelier. 

Le pacifisme est une doctrine qui définit ce que devrait être la réalité et y croire ne la change pas, cette réalité. 


Au contraire: si vis pacem, para bellum. Qui veut la paix prépare la guerre. 

Elle est là, la vraie paix: dans la capacité à l'imposer quand elle est rompue et dans la capacité dissuasive qu'implique la possession des moyens de l'imposer. L'arme à feu, ou l'arme tout court, c'est l'ultime recours défensif de la vie quand tout le reste ne donne rien. Mieux vaut l'avoir que de regretter de ne pas l'avoir. 

Alors non, le pacifisme est une incohérence en soi et une très mauvaise appréciation de l'être humain en situation chaotique.

En ce sens, le pacifisme comme doctrine est anti-survivaliste; il est incompatible et antithétique au survivalisme qui vise l'autonomie, c'est à dire la capacité de vivre et de prospérer en l'absence des structures normales. 

Éloge du survivaliste pacifique

Qu'est-ce qu'une personne pacifique? C'est une personne paisible, qui aime la paix et qui la favorise

Le survivaliste ordinaire est pacifique: il ne recherche pas les problèmes, il ne recherche pas des occasions de violence, même qu'il les fuit quand c'est possible, il ne cherche pas à être le justicier local car tout cela pourrait le conduire à un état où il deviendrait incapable de contribuer au bien-être de sa famille, par la mort, l'incarcération ou les blessures.

On le voit bien avec les statistiques canadiennes: les gens légalement armés sont moitié moins impliqués dans des homicides que la moyenne nationale des citoyens. C'est pas significatif, ça?

Les survivalistes pacifistes, ou bisounours, nous traitent souvent de va-t-en-guerre ou de rednecks dangereux à contrôler, y compris dans les médias (merci en passant de votre solidarité les mecs...). La réalité est nous nous donnons des choix et des moyens pour NE PAS SUBIR une violence monopolisée par des gens qui pourraient devenir violents quand ils auront faim et que les forces de l'ordre ne pourront les tenir en place. 





Si vis pacempara bellum

Commentaires

John Trudell a dit…
Salut Vic

Une arme n'est qu'un outil comme un autre, elle doit être là quand on en a besoin.
Anonyme a dit…
Salut malheureusement il y a beaucoup de bisousnours peu être plus que nous et il font des groupes des qu'il vont commencer a se faire attaqué leur pacifisme va disparaître et il vont pas mal viré fou et devenir eux même des *zombie*. Mais bref je suis d'accord avec vous et bonne continuation



XVIII
Anonyme a dit…
Bonjour a tous,

Par définition, un citoyen se doit de se défendre par ses propres moyens et être prêt a défendre l'ensemble de ses concitoyens que ce soit par des menaces provenant de l'intérieur ou de l'extérieur.

De tout temps, les voleurs de pouvoirs, de monnaie, de temps, on chercher a désarmer les populations pour les soumettre. La première chose que les Britanniques ont fait en arrivant ici, ça été de désarmer les "Canadiens" et surtout de laisser armés les citoyens de "l'empire". Comme les tordus, les vicieux et les manipulateurs seront toujours moins nombreux, ils chercheront toujours a désarmer, pacifier, endoctriner au nom de principes creux en se servant de boucs émissaires, comme des victimes... technique connue et abusive.
Vic Survivaliste a dit…
Tu as tout à fait raison Anonyme, c'est ce qui différencie un citoyen d'un administré: son implication dans la sécurité de sa famille, de sa ville, de son pays.

Anonyme a dit…
Je suis désolé pour l'anonymat, OpenID, URL et compagnie... la je suis pas du tout armé.

Francis Robillard

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